Pourquoi le manioc est un aliment incontournable en Afrique ?

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Qu’elle est bien loin, l’époque où les portugais sont tombés sur cette étrange plante, au long tronc effilé et aux feuillages en étoiles. Si c’est bien en Amérique du Sud que le manioc a été découvert, aujourd’hui il est l’un des éléments incontournables dans la ration alimentaire en Afrique.

Qu’est-ce qui explique que le manioc soit autant consommé ? Comment des feuilles aux racines en passant par le tronc, l’exploitation du manioc en Afrique a connu une vraie diversification ? Vous trouverez des éléments de réponses dans cet article, pour vous permettre de mieux appréhender cette tubercule et son exploitation en Afrique.


Vous trouverez dans cet article :

  • Origine et place du manioc en Afrique
  • Produits dérivés du manioc

Savez-vous que le manioc n’est pas originaire d’Afrique ?

Contrairement aux idées reçues, le manioc n’est pas une plante originaire d’Afrique. Elle a été importée sur le continent africain, depuis l’Amérique du Sud. Les traces les plus anciennes de la culture du manioc remontent à l’actuel nord de la Bolivie, il y a plus de 10.000 ans avant notre ère. Ce sont les explorateurs, les colons, et précisément les portugais qui en font la « découverte » et de ce fait, l’exporte de son sol d’origine. C’est ainsi qu’au gré des voyages et des conquêtes, la fameuse tubercule s’est retrouvée sur le sol africain. 

Quelle place occupe le manioc dans la culture et l’alimentation en Afrique noire?

En Afrique, la tubercule a su profiter des conditions géographiques et climatiques qui favorisent sa cultivation. Particulièrement frileuse de chaleur et d’humidité, c’est en Afrique tropicale, dans un climat équatorial que le manioc va le mieux s’implanter. Une implémentation tellement réussie que le manioc va s’imposer finalement comme une ressource alimentaire de premier choix en Afrique noire. 

Le manioc est aussi très prisé, pour ses vertus alimentaires. Sa forte teneur en fibres lui donne la possibilité d’être vite digéré, et de favoriser le transit intestinal. La vitamine C contenue dans le manioc, favorise aussi l’activité antioxydante, et permet une meilleure absorption du fer.

Parmi les tubercules que l’on dénombre sur le sol africain, très peu offrent une grande variété d’exploitation et de transformation. Le manioc pour sa part, se démarque en faisant la part belle à toutes ses parties, pour donner des produits dérivés très variés.

Quels sont les produits dérivés du manioc ?

Le manioc est très certainement la plante qui propose de nombreuses possibilités de transformation, que ce soit de façon artisanale ou de façon industrielle.

Les feuilles du manioc et ses dérivés

Les feuilles du manioc sont la partie de la plante qui se consomme le plus naturellement. Souvent écrasées ou pilées, elles font souvent l’essence même de plats africains (le Pondu au Congo, la Sauce de feuilles de manioc au Cameroun), et s’accompagnent souvent de foufou de manioc.

Les feuilles de manioc sont distribuées en général sous 2 formes : séchées ou fraîches. Elles sont récoltées puis broyées avant d’être mises dans des sachets isothermes pour la distribution. Les délais de conservation varient mais peuvent aller jusqu’à 6 mois pour les feuilles séchées.

Le tronc du manioc et ses dérivés

Le tronc du manioc est pour sa part utilisé pour la culture, notamment pour la semence.

Les racines du manioc et ses dérivés

La tubercule de manioc, ou encore la racine est la principale source de l’exploitation du manioc. C’est la partie que l’on récolte, et que l’on transforme le plus. Elle est consommée sous sa forme brute soit crue soit préparée (à la vapeur ou frite) mais elle présente de nombreux produits dérivés. 

La farine est l’un des dérivés du manioc les plus connus et les plus consommés. Une fois le manioc pelé et séché, il est écrasé et permet l’obtention d’une farine très fine et volatile. Cette farine permet de cuisiner le foufou (fufu), mais aussi des pâtes de manioc comme le bobolo / miondo au Cameroun et le chikwangue au Congo. 

La farine de manioc

Avec la mouvance du sans gluten, la farine de manioc est de plus en plus utilisée en substitut à la farine de blé pour faire du pain et des pâtisseries. 

La semoule de manioc


À noter que le gari, l’attiéké, le tapioca, et le couscous de manioc sont pour leur part, obtenus à base de semoule de manioc; du manioc écrasé en petits grains.
Le tapioca (appelé aussi , le gari) est le résultat du mélange de cette semoule avec de l’huile de palme. Il accompagne de nombreux plats, et remplace souvent des denrées comme le riz.

L’attiéké est une forme de couscous / semoule de de manioc utilisée dans la cuisine ivoirienne comme accompagnement de plusieurs plats nationaux comme le Garba, le Kédjénou et autres.

L’amidon

L’amidon de manioc s’obtient en transformant le manioc cru découpé et râpé. La procédé est plus ou moins artisanal, car les matériaux utilisés sont souvent assez rudimentaires.

La colle

La colle de manioc s’obtient en mélangeant la farine de manioc, avec du sucre et de l’eau que l’on fait revenir à feu doux dans une casserole. Un procédé assez simple qui donne en résultat  une colle forte bio.

Ce qu’il faut retenir sur le manioc

  • Le manioc n’est pas originaire d’Afrique et a été importé d’Amérique du Sud.
  • Culturellement et sur un plan culinaire, la manioc occupe une grande place en Afrique noire.
  • Des feuilles à la racine, tout dans le manioc est exploitable, rien n’est jeté.Les racines sont la partie du manioc la plus exploitée, donnant lieu à plusieurs dérivées (semoule, farine, pâte de manioc etc.)

Quelles sont les autres questions que vous vous posez sur le manioc ? Commenter ci-dessous. Nous vous proposerons également des articles sur la culture du manioc mais vous pouvez dores et déjà retrouver les recettes inspirées du manioc sur l’onglet Recettes dans Afrocuisine.co. N’hésitez pas à poster les vôtres.

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